APRES LES EVENEMENTS D’AMIENS – 16 AOUT 2012

La lettre de Jean-Louis CHARPAL n° 30

Dans la nuit du 13 au 14 août 2012, des violences graves ont été commises dans la banlieue d’Amiens.
La plupart des gens et des commentateurs traitent ces questions « le nez dans le guidon » et se laissent submerger par leurs émotions, ce qui est humain et compréhensible, mais largement insuffisant pour essayer de comprendre les causes de phénomènes aussi navrants et lamentables.

Qu’au début du XXIè siécle des comportements de ce genre aient lieu (brûler une école maternelle, tirer sur des policiers ) n’est évidemment pas normal, mais il faut essayer de comprendre. Ce qui ne signifie pas admettre et excuser, mais vouloir mettre au jour les racines du mal, pour pouvoir ensuite le traiter.

Pendant les 30 glorieuses, entre 45 et 75, que se passait-il dans les banlieues pendant l’été ? Rien ! Rien de grave, en tout cas. Les gens avaient tous un travail; c’était le plein emploi. Travail pas forcément très bien payé, mais travail quand même.

Ils partaient le matin travailler et rentraient le soir fatigués. Ils n’avaient pas envie de casser quoi que ce soit. Ils ne vivaient pas dans le luxe, mais pouvaient faire face aux 3 besoins élémentaires de l’être humain vivant en zone urbanisée: se nourrir, se loger, se soigner.

L’été, ils partaient presque tous en congés. Pas sur un Yacht de 100 mètres de long ou dans des palaces hors de prix, mais ils partaient, bénéficiant des fameux « congés payés » (merci le Front Populaire).

Une chose est certaine, si la classe ouvrière n’était  pas « montée au paradis », elle vivait décemment. Et, surtout, du fait d’un partage des richesses plus raisonnable qu’actuellement, ce qu’on appelle le sous prolétariat n’ existait plus, comme au XIXè siècle.

Accepter au début des années 80, en France comme ailleurs, de « renoncer à tout ça » et à la dynamique de progrès et de justice sociale entamée avant et après la 2è guerre mondiale, c’était mettre le doigt dans un engrenage
aboutissant à un recul de civilisation, à un bond en arrière sur tous les plans, à une sauvagerie sociale galopante.

Accepter l’ultra libéralisme, la circulation anarchique des biens et des capitaux, pour la satisfaction d’une infime minorité d’accumulateurs de fric, c’était accepter un système avec toutes ses conséquences : le chômage de masse, des services publics en décadence, des inégalités abyssales, des gens de plus en plus désoeuvrés, et désocialisés,se sentant inutiles, n’ayant plus aucune place , ni rôle dans la société.

Et aussi l’émergence à nouveau d’un sous prolétariat n’ayant plus rien à perdre, privé de repères, prêt à toutes les dérives et récupérations et devenu , c’est vrai, dangereux.

La solution ? Elle est difficile à mettre en oeuvre et pourtant c’est possible. Mais elle suppose des conditions à
remplir incompatibles avec le temps bref de la démagogie et de la facilité politiciennes.

La solution , en effet, est compliquée, demande beaucoup de temps et une volonté politique phénoménale. Elle est  économique et sociale.

Il s’agit de partager et distribuer tout autrement les richesses produites par le pays, qui n’ont jamais été
aussi grandes qu’actuellement ( doublées depuis 1981). La France n’a jamais été globalement aussi riche depuis Vercingétorix !

Le Gouvernement pourra alors progressivement récupérer d’importantes marges  de manoeuvre et relancer l’économie. Beaucoup d’emplois pourront être créés et tous les gens auront des moyens décents d’existence et une place dans la société.

Ce n’ est pas utopique puisque cela a déjà  été fait. Pourquoi ce qui fut possible entre 1945 et 1975 ne le serait plus
alors que, répétons le, les richesses produites ont doublé ?

Parce que l’ultra libéralisme s’y oppose !

Il faut donc anéantir ce dogme. La solution est là et pas ailleurs. Or, les sociaux libéraux du PS, Valls en tête, par paresse et facilité, se refusent à remettre en cause un système aberrant qui ne peut rien produire d’autre que de la violence, de la marginalisation, une immense misère sociale et morale.

Les  mêmes causes produisant les même effets, on a pas fini de voir ces réjouissances « prospérer » dans les banlieues et avec elles, les commentaires superficiels et à court terme.

Hurler à la répression ne sert rigoureusement à rien dans le long terme, le seul qui compte pour résoudre les problème difficiles.

Je suis tout à fait convaincu, l’homme étant un « animal culturel » (et non un « animal instinctif », comme les autres êtres vivants), que l’instruction, l’éducation et la culture sont les seules voies d’accès à la citoyenneté.
Etre un citoyen digne de ce nom, émancipé et libre, en dehors des prêts à penser et des idées toutes faites, consiste en 3 choses : observer, critiquer, proposer.Le système mis en place au début des années 80 dans toutes les démocraties a créé un sous prolétariat qui est dangereux car disponible pour toutes les aventures,les exactions irresponsables et tous les embrigadements.
 
ll est scandaleux qu’ait émergé cette « sous catégorie » de déclassés malgré eux qui existait au XIXè siècle. Ce qui est une preuve, parmi d’autres, que l’ultra libéralisme, dans sa brutalité imbécile, est un immense bond en arrière, un invraisemblable et aberrant recul de civilisation.

 Nous sommes devant un problème d’organisation de nos sociétés. On ne peut admettre que l’on créée en même temps toujours plus de richesses et toujours plus de misère et d’exclusion.

C’est un problème POLITIQUE, au sens élevé du terme. C’est  au Gouvernement et aux citoyens en capacité de réfléchir et d’agir de travailler à une société meilleure et plus juste dans laquelle on ne doit pas laisser au bord de la route une partie de la population.

Mais cela vaut aussi pour les aspects « mondialisés » du système : les politiciens actuels qui sont pour la plupart en faveur de l’ultra libéralisme, ne doivent pas oublier que ce dogme consiste aussi à piller les pays qui ont des ressources naturelles, à corrompre leurs hommes politiques et à exploiter des populations sans défense comme des esclaves.

D’où une immigration qui ne serait pas ce qu’elle est, si les dites populations étaient heureuses dans leur pays.

Ce  n’est donc pas demain la veille que le calme reviendra dans les banlieues et les sociaux libéraux n’ont pas fini de patauger dans les contradictions d’un système qu’ils ne veulent pas voir en face !

                                                                                                                                                         Jean-Louis CHARPAL      

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