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HOLLANDE RECONNAIT LE REGIME DE VICHY – 24 juillet 2012

La  lettre de Jean-Louis CHARPAL n° 29

 

Lorsque j’ai lu la dépêche de l’AFP du 22 juillet 2012, concernant la commémoration de la rafle du Veld’hiv qui a vu la déportation de millliers de juifs sous l’occupation nazie et le régime de Vichy, j’ai éprouvé un sentiment de stupéfaction, puis de révolte.

Hollande a en effet, déclaré : « C’est un crime de la France! ». Il était précisé qu’il marchait sur les traces de Chirac qui en 1995 était allé en ce sens, quoique « gaulliste convaincu » (sic).

Il importe de préciser d’emblée que Chirac n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais gaulliste. Aussi loin que remonte mes souvenirs je n’ai jamais vu Chirac à chaque fois qu’on l’a interrogé sur le gaullisme répondre autrement que par des bafouillis et des bégaiements embarrassés et risibles.

Chirac en effet n’avait  rien à faire du gaullisme, auquel il n’a jamais rien compris. Dépourvu de toute conviction - ne parlons pas d’idéal, mot absent de son vocabulaire – Chirac n’a été qu’un énarque sans âme, arriviste, ne pensant qu’à sa carrière. Vaguement pompidolien, par intérêt, trahir De Gaulle fut pour lui comme une seconde nature.

En 1974 il a sans hésiter  choisi Giscard (de l’espèce des boutiquiers comme Pompidou) contre Chaban-Delmas, dont on peut penser ce que l’on veut, mais qui fut un gaulliste authentique. En 1995, son amalgame ignoble entre la France Libre, combattante et résistante, rassemblant des français de la droite à l’extrême gauche inclue, et le régime de Vichy , n’était pour lui qu’une trahison de plus.

Hollande n’était pas obligé de suivre les traces de son « prédécesseur en n’importe quoi », inculte et aussi pertinent qu’un éléphant dans un magasin de porcelaines.

Oser dire « C’est un crime de la France » comporte des conséquences d’une extraordinaire gravité. Cela signifie que la France c’était l’occupant nazi et le régime de Vichy. Voilà l’idée qu’Hollande se fait de « la » France ! 

Se rend -il compte que parlant ainsi il met de côté et méprise de façon inadmissible tous ceux qui se sont battus, ont souffert, ont été arrêtés, torturés, fusilliés, déportés, sont morts dans la lutte contre le nazisme et la dictature fasciste de Vichy.

C’est oublier que De Gaulle dès août 40, a été condamné à mort par Vichy, c’est ignorer les Forces Françaises Libres qui se sont battues partout avec Leclerc , De Lattre et Juin, c’est ignorer aussi les FFI, les FTP et les maquis.

C’est oublier aussi que si un quart des juifs se trouvant sur le territoire ont été déportés, les trois quarts ont été sauvés par la population française.

Dire par conséquent « c’est un crime de la France » signifie que pour Hollande, comme pour Chirac, la France c’était Vichy ! Autrement dit Hollande reconnait le régime de Vichy ce qui pour moi est une forfaiture.

Il faut rappeller que lorsque De Gaulle, en août 44, à la libération de Paris, a pris la tête du gouvernement du pays il a répondu à ceux qui le pressaient de rétablir la République : « il est hors de question de rétablir la République, car celle-ci n’a jamais été interrompue ». Pour lui, le régime de vichy était nul et non avenu et ne représentait rien.

Scandaleux que Chirac et Hollande, duo tragi-comique de révisionnistes ignares et calamiteux, reconnaissent ce que De Gaulle a condamné de fort belle façon.

J’ajouterai aussi, qu’il faut en finir avec les tripatouillages de l’Histoire par des politiciens qui poursuivent des objectifs de politicaillerie à la petite semaine. Qu’on laisse les citoyens libres de leur appréciation sur les faits du passé. L’Histoire appartient à tout le monde et n’est la proptiété privative de personne.

Je n’ai pas besoin de Chirac et de Hollande pour savoir quoi penser des événements passés ! Il faut en finir avec cette manie masochiste de la repentance et de l’auto flagellation malsaines.

Mais je ne suis pas surpris au fond de cette convergence infâme entre Chirac et Hollande. Ces deux là ont bien des points communs : ils sont énarques, ultra libéraux et arrivistes. Ils considèrent, contrairement à des hommes comme Jaurès, Mendès-France ou De gaulle, que le pouvoir est un but en soi et non le moyen de mettre en oeuvre des convictions, voire un idéal.

Mais la démarche d’Hollande, correspond consciemment ou non, à ce qu’il attend du peuple français : qu’il se couche sans lutter devant le veau d’or de l ‘ultra libéralisme, c’ est à dire la dictature des spéculateurs et des banksters.

Hollande s’est dit prêt, lorsqu’il est allé à la City, comme un ancien Empereur du  Saint Empire Romain Germanique est allé s’humilier à Canossa devant le Pape, à « collaborer » (désolé d’utiliser ce mot, mais que dire d’autre ? ) avec ce système totalitaire.

Il est beaucoup plus facile de faire avaler une telle couleuvre, de la taille d’un boa, à un peuple à qui on instille le dégoût de lui même en lui faisant croire qu’il n’est composé que de lâches et de salauds.

 

8 Réponses à “HOLLANDE RECONNAIT LE REGIME DE VICHY – 24 juillet 2012”

  1. jean pierre pitrou dit :

    Vous lisant toujours avec « gourmandise » et avec « profit » (quel vilain mot!) sur le blog de JLMélenchon et ailleurs, je fus d’abord un peu étonné de votre (saine) réaction sur ces propos de FH qui m’étaient d’emblée apparus comme la ratatouille habituelle de ce genre d’énarque qui croît utile de dire tout et son contraire en sussurant des mots psalmodiés façon rap… Et puis, c’est juste, les mots ont toujours du sens, même si parfois ils n’ont pas celui qu’on veut leur donner; vous avez donc parfaitement raison de faire sortir le loup du bois car la meute est cachée dedans, les dents découvertes et baveuses, prête à dévorer tout ce qui bouge. Vive la Révolution citoyenne et culturelle vers l’écosocialisme!
    Et encore bravo pour la clarté de vos écrits incisifs et justes.

  2. terry dit :

    Effectivement,Hollande,ne fait ,dans la dialectique que ce qu’il peut,comme d’autres:L’ena ne préserve de rien!,je rectifie ton propos,cependant,car ,lorsqu’il parle de la france,il veut pouvoir dire,éventuellement ,ses responsables,d’autres ont utilisé ce vocable pour dénoncer moult méfaits de la part de celle citée,mais ,comme ce fut le cas pour les guerres coloniales,on disait:la france,raccourci sémantique dangereux,cependant très utilisé,je ne m’arreterai donc pas sur une défaillante phraséologie,mais sur une certaine attitude,aujoud’hui,lache,méprisante,pour ce peuple qui l’a élu,Je parle,toujours de Mr Hollande et de ses sbires,cela me parait bien plus dangereux, bien plus intéressant,à dénoncer,et à combattre,aujourd’hui,autant qu’hier.comme l’a si bien dit la droite ,qui s’y connait en ultra-libéralisme:les français n’ont pas voté pour le ps ,mais contre sarko.Ce qui,après consultation,et meme avant que de se décider,nous-meme ,la vraie gauche,parfois,ici,ou là: pour qui voterons-nous?Le pb reste et demeure,comment reconstruire ce que ,parfois ,hélas,par des querelles intestines,nous avons détruit,je suis fondé,un peu,modestement à parler ainsi,ayant vécu l’époque Marchais,et étant engagé au pc,avant 81!Nous payons cette lourde erreur d’avoir pleuré des postes auprès de sa seigneurie De Mitterrand,qui nous a royalement utilisés,et méprisés,nous devions le savoir!nous avions l’histoire pour nous.cela ne m’empeche pas de croire que ce peuple se réveillera,pour peu que l’on travaille proprement.Merci à toi,j-louis ,pour cet espace,ne nécessaire et non suffisant.Nous travaillons tous ,pour que les gauches enfin fassent front,contre le fric(raccourci,pour ne pas redire ce que toi,les autes copains ,et moi,savons.Salutations amicales D’alex.

  3. Jean-Marc R dit :

    Je tombe par hazard ici, désolé de cette intrusion^^.
    Je partage un certain nombre de vos idées, mais j’avoue que cet article sur Vichy et la France me laisse très dubitatif.
    Vous dites : « Dire par conséquent « c’est un crime de la France » signifie que pour Hollande, comme pour Chirac, la France c’était Vichy »
    Or la France, c’était quand même plus Vichy que les FTP.
    Vous faites à l’envers exactement ce que vous reprochez à Chirac et Hollande en présentant une France fantasmée, inocente des crimes de Vichy. Or Vichy, ce n’était pas seulement Pétain et Laval, c’était l’Etat Français, ses soutiens politico-industriels, qui préféraient « Hitler à Staline », ses haut-fonctionnaires, son administration et sa police avec la complicité, plus ou moins passive, mais néanmoins objective d’une partie non-négligeable du peuple Français.
    Pour le coup, c’est vous qui semblez négationiste en voulant à tout prix exonérer la France de sa responsabilité collective sous le pretexte qu’une (petite) partie de ses citoyens a eu un comportement admirable et héroïque.
    La France c’est le meilleur ET le pire, c’est la Révolution Française ET la terreur, les droits de l’homme ET les massacres parfois qualifiés de génocide en Vendée, c’est la grandeur de l’Empire Napoléonien, son héritage ET les carnages sur les champs de bataille, c’est la Résistance ET Vichy, c’est aussi la guerre d’Algérie, la Françafrique…

    • @ Jean-Marc R
      Votre message illustre parfaitement, et involontairement confirme, le bien fondé de mon point de vue. L’Histoire appartient à tout le monde et, dans une République démocratique, à chaque citoyen qui doit être suffisamment instruit et éduqué pour se faire, dans une totale indépend&nce d’esprit, sa propre opinion.
      Cette façon de voir s’inscrit dans le cadre de la liberté absolue de conscience, de la liberté d’opinion et d’expression.La liberté d’un citoyen de porter une appréciation personnelle sur tel événement passé, s’arrête où commence celle d’un autre de penser exactement le contraire. Je rappelerai juste deux paragraphes de mon article :
       » J’ajouterai, qu’il faut en finir avec les tripatouillages de l’Histoire par des politiciens qui poursuivent des objectifs de politicaillerie à la petite semaine. Qu’on laisse les citoyens libres de leur appréciation sur les faits du passé. L’Histoire appartient à tout le monde et n’est la proptiété privative de personne.
      Je n’ai pas besoin de Chirac et de Hollande pour savoir quoi penser des événements passés ! Il faut en finir avec cette manie masochiste de la repentance et de l’auto flagellation malsaines. »

      Lorsque vous citez des exemples où  » la  » France s’est mal comportée, vous en oubliez une infinité d’autres, si on commence l’inventaire à Vercingétorix.
      De plus, si on adopte votre point de vue, on en arrive à une dérive inacceptable où les citoyens, dégradés et ravalés à l’état de moutons de Panurge devraient s’incliner, voire se soumettre, à une histoire officielle, c’est à dire à une pensée unique qui s’imposerait.

      Concernant le « génocide vendéen », je considère personnellement, qu’il s’agit d’un des plus grands canulars historiques de ces dernières années. La France avait le monde entier contre elle. Une partie de la Vendée (il existe une Vendée Républicaine) a choisi de poignarder la France dans le dos, alors qu’elle était assaillie de toutes parts. La République a eu parfaitement raison de se défendre.

      Il y a eu, tous les gens de bonne foi en conviennent, des exactions des deux côtés, comme toujours dans les guerres civiles. Mais aussi une majorité de généraux républicains qui ont fait preuve d’une mansuétude bien plus grande que certains vendéens attaquant la République. Parler de  » génocide  » est une fumisterie et une escroquerie intellectuelle sans nom. La race vendéenne n’exite pas ! Et il n’ y avait aucune volonté de détruire jusqu’au dernier des arriérés fanatiques et ignares, manipulés par un clergé obscurantiste, mais la nécessité de mettre hors d’ état de nuire une poignée d’ irresponsables, nostalgiques d’un Régime devenu obsolète.

      Pourquoi alors, ne pas reconnaître le  » génocide parisien  » au prétexte que Thiers a fait fusiller 35 000 parisiens au temps de la Commune, ou que des catholiques ont assassiné des milliers d’innocents, dans des conditions atroces, lors de la Saint Barthélémy ?

  4. Charles dit :

    On peut condamner aujourd’hui l’abolition de la République, la collaboration etc…mais dire que Vichy a toujours été « nul et non avenu » n’a aucun sens. Vichy a bel et bien existé, même si l’on peut contester sa « légalité » (et encore celà veut dire quoi? Le coup d’état du 2 décembre 1851 fait il du second empire un régime « nul et non avenu »?) et la France est aussi « en partie » responsable de ce qui s’est passé entre 1940 et 1944…Oubliez vous la popularité de Pétain jusqu’en 1944? L’appui de ceux qui ont soutenu le régime? L’administration? Les Chambres jusqu’en 1942?

    • nico dit :

      désolé mais non, vichy n’a jamais été légitime (et non légal, mauvais terme) et pour cause, il ne s’agit pas d’un régime issu d’élections libres et non truquées.

      a partir de là, reconnaitre la république comme coupable des crimes de vichy comme l’on fait chirac et hollande relève au mieux d’une stupidité et d’une lâcheté crasse, au pire de la trahison

  5. bébert dit :

    Bien sûr…on peut comprendre la démarche politique du général de gaulle qui a une certaine « idée de la France ». Mais la réalité c’est que le maréchal pétain a reçu les pleins pouvoirs parce que les députés savaient que le Régime était discrédité par la défaite et qu’ils souhaitaient un pouvoir fort pour négocier avec le vainqueur. Que dire de l’ordonnace du 9 aout 1944 qui juge illegale les lois votées à partir du 17 juin 1940 alors que c’est encore la III république, que les trois présidents (Sénat, chambre des deputés et presidence de la republique) sont encore en exercice? De Gaulle fait acte politique à la libération mais en réalité, historiquement, la IV République date du 20 aout 1944 même s’il refuse de la proclamer! Vichy a bel et bien existé et c’était aussi la France.

    • @ bébert et Charles
      C’est votre point de vue. Ce n’est pas et ça ne sera jamais le mien. C’est bien pourquoi j’ai rédigé ce texte. Je suis opposé, définitivement, au principe ridicule et masochiste de la repentance. En République il appartient aux pouvoirs publics de donner aux citoyens les connaissances adéquates, notamment en Histoire, pour qu’ils se fassent librement leur propre opinion sur le passé. Je n’accepterai jamais que quiconque, fût-il Pape ou Président de la République, pense à ma place et me dicte mes opinions. J’ai assez de caractère et je suis suffisamment émancipé pour le faire moi même.

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