LA DICTATURE MEDIATIQUE – 13 AVRIL 2012

La lettre de Jean-Louis CHARPAL  n° 25

Dans le chapître VIII, intitulé  » des médias  » , de mon essai « Refaire le Monde » mis en ligne en septembe 2009 et accessible sur ce blog, j’ai insisté sur le rôle décisif que ces médias ont joué dans l’instauration de la sauvagerie économique mondialisée, alias ultra libéralisme.

Il m’est arrivé parfois depuis lors, de considérer que j’avais eu peut-être la main un peu lourde ou la dent dure.En observant ce qui se passe actuellement, je réalise que mes propos apparemment polémiques, rendaient  parfaitement compte de la réalité.

Mais avant de livrer mon opinon sur l’état actuel de cette question, d’une extraordinaire gravité, j’invite les lecteurs de ces lignes à lire très attentivement les deux citations suivantes :

 » Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et autres grandes publications, dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté les promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Il nous aurait été bien impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été soumis aux pleins feux de l’actualité pendant ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et disposé à marcher vers un gouvernement mondial… La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’autodétermination nationale que l’on pratiquait les siècles passés…” ( David Rockefeller, Le 8 juin 1991 à Essen en Allemagne, au terme d’un colloque de l’un de ses “clubs”.)

 

“La presse libre n’existe pas. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous sommes les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitués. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses”. (John Swaiton, l’éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu(fin de carrière et retraite) répondant à un confrère pendant le drink d’adieu qui avait proposé de lever leur verre à la liberté de la presse).

 

Bien que chaque mot compte, la phrase la plus terrible est celle-ci :  » La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux est sûrement préférable à l’autodétermination nationale que l’on pratiquait les siècles passés… » . 

Elle signifie que le pouvoir n’est plus exercé par les élus du peuple et que le peuple souverain n’a plus aucun rôle à jouer. Seule une infime minorité, une oligarchie, est appelée  à diriger le monde, sans aucune légitimité, ce qui est la définition même de la dictature et du fascisme.

La France naturellement, n’échappe nullement à la règle, puisque Dassault, Bouygues, Lagardère, Arnault et Pinault, tous des milliardaires ultra réactionnaires et favorables à la dictature des marchés, possèdent la quasi totalité de l’édition, de la presse écrite, de la radio et des chaines de télévision. Sans oublier qu’un de leurs serviteurs les plus zélés, qui occupe l’Elysée, tient en laisse l’audiovisuel public.

Mais il peut être intéressant d’observer la déclinaison de cet appareil totalitaire dans la façon qu’il a eu de saboter, de façon ignoble, la campagne pour les élections présidentielles.

D’abord les sondages. Je ne développerai pas ici, ce serait trop long, toutes les études qui démontrent leur peu de fiabilité et toutes les manipulations dont ils peuvent être l’objet. Ce qui est scandaleux c’est que les médias les ont uitilisés dans l’unique but d’interdire toute réflexion et tout débat d’idées.

Jamais il ne fut question dans aucun média, d’informer les citoyens, de leur exposer les différents programmes des candidats, et par de vrais débats sérieux, avec même temps de parole et sans interrompre celui qui parle, de confronter les différentes politiques possibles.

Il ne fut question que d’une compétition, basée sur les pronostics des sondages, d’une espèce de course de chevaux –  » Le Grand Prix de l’ Elysée « - dont le seul enjeu pour le citoyen, ravalé au rang d’un spectateur abruti, consistait à parier sur le bon cheval, pour avoir la joie, le soir de l’élection, de faire partie de ceux qui avaient misé sur le bon !

Mais toutes les bornes de l’ignoble, de la désinformation et de la manipulation, ont été franchies dans le traitement réservé au candidat et porte parole du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Dans aucune interview, je dis bien aucune, le « journaliste » n’a eu le souci – dans le respect élémentaire de notre République démocratique et de ses citoyens, mais aussi dans le respect de son métier qui est d’informer – de faire connaître le programme de Jean-Luc Mélenchon, ses opinions sur le fond, ses objectifs pour la France et l’Europe et sur la place de notre pays dans le monde.

Toutes les questions portaient sur les sondages, les ragots, les commérages. Jean-Luc Mélenchon était sommé de commenter les petites phrases des autres candidats ou des autres hommes politiques, sans que jamais on lui demande son avis à lui, comme s’il n’existait pas comme candidat à part entière et comptait « pour du beurre « .

Sans parler de toutes ces émissions où le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon sont trainés dans la boue sans  qu’il ait jamais, ou un de ses partisans, le moindre droit de réponse!

Avec une mention spéciale pour « C dans l’air », émission financée par notre redevance, qui n’invite que des « experts » payés par les multinationales et les banksters ou des « politologues » vendus à la dictature des spéculateurs et à l’ultra libéralisme le plus hystérique.

Heureusement, Jean-luc Mélenchon, encouragé et soutenu par les millions de citoyens et citoyennes partisans du Front de Gauche ( militants et sympathisans confondus dans le même esprit de Résistance ) réussit au prix d’efforts titanesques à faire connaître lors de ces émissions débiles, les grandes lignes du programme du Front de Gauche. 

Ses meetings, moments de ferveur citoyenne authentique, ont un succès considérable. Mais les médias recourent à cette recette toute simple, chère à la désinformation : quand quelque chose gène l’oligarchie en place, on en parle pas !

Par contre, on se répand en commentaires à n’en plus finir sur les candidats qui ne gênet pas le système en place, même s’ils rassemblent dix fois ou cent fois moins de personnes que Jean-Luc Mélenchon. 

Que conclure ? Que je souhaite que le Front de Gauche –  son programme, ses idées, son idéal -  arrive au pouvoir et permette au peuple, redevenu souverain, d’instaurer une VIè République.

Que dans cette République les sondages soient totalement interdits un an avant les élections et que le financement et le fonctionnement des médias soient totalement revus afin qu’une information vraie et pluraliste supplante la désinformation.

La synergie entre la dictature des spéculateurs et la dictature des médias doit être anéantie !

Vive une presse libre, pluraliste et indépendante des accumulateurs de fric !

Que se vayan todos !

                                                                                                                     Jean-Louis CHARPAL

 

  

     

 

 

 

 

 

 

3 Réponses à “LA DICTATURE MEDIATIQUE – 13 AVRIL 2012”

  1. Céline dit :

    Bravo, cela résume bien ma pensée et celle de beaucoup de nos amis qui soutiennent le front de gauche et qui ont été à la fois choqués et exaspérés du comportement des médias durant toute cette campagne. La manipulation médiatique ne m’a jamais paru aussi flagrante que ces derniers mois et Mélenchon a du fournir d’énormes efforts pour à la fois se servir des questions sans intérêt qu’on lui posé pour glisser les idées de son programme et dénoncer le jeu de médias et les comportements des « journalistes » qui au final se ressemblent tous. C’est devenu presque un réflexe pour lui et même pour moi qui constate, à force de regarder des « interview » de Mélenchon, qu’il me vole les mots de la bouche à chaque fois qu’il critique un journaliste (qui se pose immédiatement en victime). Quant aux deux première citations, que dire ? C’est effrayant.

  2. Brubois dit :

    J’apprécie ! Que pensez vous de Médiapart qui se veut libre, indépendant et participatif (pas de censure: les trolls sont bienvenus ). Vous n’évoquez pas ce média dans votre propos….

    • @ Brubois – 20/01/2013 à 14:41
      Concernant Médiapart, je n’en parle pas dans la Lettre intitulée  » La dictature médiatique », car j’y ai tenu des propos généraux et de principe. Je suis favorable à ce genre de média. A chacun , cependant, en fonction des éléments dont il dispose, d’estimer que Médiapart est bien libre et indépendant et donc digne de confiance.

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