LE FASCISME ECONOMIQUE MONDIALISE – 5 JUIN 2010

La Lettre de Jean-Louis CHARPAL

N° 15

Il m’arrive d’ utiliser, pour caractériser le système économique mondial qui a produit les trente piteuses, l’expression « fascisme économique mondialisé » qui peut paraître relever de l’ abus de langage voire de l’ outrance ou de la violence verbale.

Or, au-delà du choix des mots et de leur approche sémantique, je crois que cette caractérisation pour choquante qu’ elle puisse apparaître à un esprit raisonnable et délicat, recouvre strictement la révoltante réalité du monde dans lequel nous sommes contraints de vivre depuis des décennies,  marquée par le capitalisme sauvage, le barbarie financière et la dictature des marchés.

Sur le plan du droit public, du droit constitutionnel et des sciences politiques, à quel critère un système de pouvoir doit-il satisfaire pour qu’on puisse affirmer qu’il est démocratique ?

Essentiellement celui-ci : le pouvoir ne peut être considéré comme authentiquement démocratique qu’ à la condition de prendre sa source dans le peuple souverain. Dans un tel régime, aucun pouvoir, d’aucune sorte ne peut s’ exercer s’ il n’ est conféré par le peuple. La démocratie, du moins dans l’ idéal qu’elle propose, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Lorsque nous observons qui exerce depuis une trentaine d’années, les vrais pouvoirs sur les peuples et finalement sur  l’Humanité toute entière, on constate qu’ aucune de ces personnes n’ est élue, ne rend de compte à qui  que ce soit, et ne détient un quelconque mandat des peuples. De plus,ceux-ci ne peuvent, comme il se devrait, exercer le moindre contrôle sur des décisions pourtant lourdes de conséquences pour leur vie et leur avenir.

De qui s’agit-il ? De quelques milliers de personnes, de privilégiés qui décident de tout ce qui relève de l’essentiel au plan économique et donc social et environnemental.

Ceux-ci décident où seront implantées les activités industrielles et commerciales, où seront investies les sommes considérables qu’on les laisse gérer de façon totalement discrétionnaire, quels services publics seront privatisés, quel sera le niveau de rémunération des salariés (le plus bas possible ), et celui des profits des entreprises (le plus élévé possible).

Les mêmes dictent aux gouvernements le contenu des législations qui les concernent, décident publiquement si ces gouvernements gèrent bien les affaires de leur pays et leur donnent des « notes », leur prêtent l’argent dont ils ont besoin aux taux qu’ils décident, arrêtent le cours de leur monnaie.

Les mêmes toujours, décrètent en ayant acquis 95% des médias directement (ou par pub interposée), ce que doivent penser les citoyens (méritent-ils encore cette appellation, ne s’agit-il pas plutôt dans leur esprit de moutons ?) et quel doit être le contenu des programmes éducatifs et cultutrels.

Voilà donc une oligarchie qui a mis au point un système leur octroyant une emprise quasi totale sur la vie des gens y compris leur cerveau !

Alors qui sont -ils ces dictateurs de fait ?

- Les dirigeants de quelques multinationales.

- Les dirigeants de quelques banques d’affaires et d’entreprises de placements qu’il faut appeler par leur nom : des spéculateurs, sans foi ni loi. Sans oublier les agences de notation, qui jugent les gouvernements !

- Les responsables d’organismes internationaux divers : FMI, Banque Mondiale, OMC, OCDE …

- Pour l’ Europe, les lobbys installés à Bruxelles qui prennent presque toutes les décisions. Les hauts fonctionnaires européens, dont un certain Jacques Delors, leur ayant carrément remis les  » clefs de la maison  » au début des années 90.

- Les dirigeants des banques centrales. Qu’ on songe aux dégats considérables de ce pauvre Trichet ( façon de parler : montant de son salaire mensuel ?), qui par une politique absurde de l’ euro fort a détruit et empêché de créer des centaines de milliers d’emploi.

Or il faut insister sur un point : aucune des personnes citées n’est élue, ne rend compte de rien à personne! Le pouvoir  on le voit bien, considérable qu’elles détiennent, ne procède absolument pas d’ un processus démocratique.

Si un régime n’est pas démocratique, de quelle nature peut-il être ? Il n’ y a pas un choix considérable, soit il s’agit d’une monarchie de droit divin, soit d’une dictature.

C’est de toute évidence une dictature qui opprime l’ Humanité, en dehors de toute structure démocratique. Bien sûr, parler de fascisme peut faire grincer les dents des puristes, car le terme concerne, je le sais fort bien, un moment particulier de l’ histoire de l’ Italie. Mais par extension, il n’est pas exagéré si on veut bien considérer le fond des choses, et être quelque peu mobilisateur, de parler de  » fascisme économique mondialisé « .

Cela étant, il est important de souligner que les « maîtres du monde » dont je viens de parler ne seraient rien si les politiciens de droite , comme prétendument de gauche, n’ avaient dans toutes les démocraties, abandonné entre leurs mains les pouvoirs  qu’ ils détenaient du peuple.

C’est au sens strict et juridique de l’ expression, de haute trahison dont ces politiciens se sont rendus coupables!

Honte à eux !

2 Réponses à “LE FASCISME ECONOMIQUE MONDIALISE – 5 JUIN 2010”

  1. Je vous prie de multiplier des articles de cette teneur, de cette qualité.Je trouve que votre plume a quelque chose de particulier et de fabuleux.
    Vous avez raison de stigmatiser des comportements de gestion non responsable, dictés par de cupides intérêts personnels qui nuisent irrémédiablement aux intérêts des grandes masses populaires.
    Ma profonde considération.
    M.E.

    Dernière publication sur En Parler-EN PARLER_DE VIVE VOIX : ! L’ECOLE N’APPREND PAS A ECRIRE, MEME SI ELLE Y CONTRIBUE !

  2. Mohamed,

    Merci pour vos encouragements. Je vous adresse « par même courrier » un message personnel.

    Très cordialement
    JLC

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