Sortir de la Crise – 18 janvier 2010

La Lettre de Jean-Louis CHARPAL                                                                                                Le 18 janvier 2010

N° 8

La sortie de la crise n’est semble t-il pas pour demain. Les signes d’un « frémissement » doivent être très discrets, car ceux qui aimeraient bien que les affaires reprennent, comme avant, comme si de rien n’ était, sont impatients de pouvoir dire que leur système, sauvage, inhumain, néo-libéral, n’ a connu qu’un accident de parcours, mais qu’il va repartir de plus belle. Ils rêvent de pouvoir déclarer : « Les signes sont là, incontestables, la reprise est à portée de main ! ».

Manque de chance, Soeur Anne ne voit rien venir qui annoncerait à nouveau la belle époque des super profits. La reprise est pourtant possible, une reprise durable, réelle et adossée à des progrès de la justice sociale importants. Bien sûr mettre un terme à trente ans de dérives et d’absurdités scandaleuses, demanderait un peu de temps et une coordination internationale. Pourtant si les hommes politiques le voulaient, cette vraie reprise pourrait voir le jour.

Que faudrait-il faire ? Beaucoup de choses, toutes réalisables, si la volonté est au rendez vous .

- Nationaliser 90% des banques. Celles-ci qui prêtent aux Etats aux abois du fait des déficits, dictent leurs volontés, alors que ces mêmes Etats leur ont sauvé la mise. De plus, il leur serait interdit de spéculer, l’économie réelle devant seule être au centre de leurs préoccupations.

- Renationaliser tous les services publics privatisés depuis trente ans. Privatiser est un vol : on confisque une entreprise qui appartient à la collectivité qui l’ a financée. Les tarifs baisseront automatiquement puisqu’il n’y a pas à rémunérer de parasites alias actionnaires, qui « en veulent » toujours plus. Le pouvoir d’achat des travailleurs de l’économie réelle ne s’ en portera que mieux.

- Interdire l’exigence pour les entreprises de profits déraisonnables confisqués par les actionnaires, afin de permettre des hausses de salaires importantes. Que toutes les entreprises qui font des bénéfices et qui le peuvent, augmentent les salaires.  Ce remède keynésien a fait ses preuves. Aucune reprise digne de ce nom ne sera possible en dehors d’une vigoureuse politique de revalorisation salariale. Cela passe par une baisse des super profits des parasites de l’ économie : banques d’affaires, officines de spéculation alias « fonds d’investissement », traders et actionnaires. Ils gagneront beaucoup moins, mais c’est pour la bonne cause, ils n’auront pas le choix, et de plus ce ne sont pas eux qui créent les richesses. Normal qu’ils passent après tout le monde.

- Fixation par les gouvernements des écarts de revenus dans les entreprises. Un rapport de 1 à 30 comme dans les années soixante est bien suffisant. Tous les salariés qui travaillent à plein temps pourront vivre, comme c’est normal, de leur travail : plus de travailleurs pauvres.

- En Europe, harmonisation des législations sociales, uniformisation des droits des travailleurs et instauration d ‘un salaire minimum européen. Fini le scandale d’entreprises qui licencient dans un pays de l’union pour réembaucher dans un autre pays de cette même union.

- Lutte effective contre la fraude et l’évasion fiscales.

- Interdiction aux entreprises qui font des bénéfices de licencier ou de délocaliser.

Voilà un certain nombre de mesures de nature à changer complètement le paysage et dans le bon sens. En France tout ne peut être réalisé isolément, sans les autres pays européens, mais nombre de mesures allant dans la bonne direction peuvent déjà être prises. Quant aux autres, la France devrait peser de tout son poids pour que l’Europe se reveille au plan social. Il y va de sa survie.

Il n’ est pas exclu en outre que le président actuel des Etats-Unis, qui ne peut s’appuyer sur les dirigeants européens, du fait de leur incompétence, voire de leur nullité, aggravée par leur esprit profondément réactionnaire, mais qui est, lui, ouvert aux solutions keynésiennes de relance et de justice sociale, ne prendrait pas des mesures analogues et créerait ainsi une synergie positive et vertueuse.

*                                              *

*

Notre président aurait des vélléités de se « montrer » à Haïti, un des pays les plus malheureux de la planète. Cette obsession de surfer sur le malheur des autres aux seules fin de mener à bien une politique toute entière basée sur « la com » prend des dimensions pathologiques. Il serait préférable qu’il travaille à réaliser le vrai programme     de relance précité, ce pour quoi il est censé avoir été élu …

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